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31.03.2008
Mais où est le "Délégué interministériel à l'orientation ?"
Il y a tout juste un an, le 27 mars 2007, le professeur Pierre Lunel, délégué interministériel à l'orientation, a remis le schéma national de l'orientation et de l'insertion professionnelle au ministre de l'Education nationale et aux ministres délégués à l'Emploi et à l'Enseignement supérieur.
Ce schéma, élaboré avec l'ensemble des acteurs du système éducatif et de l'insertion professionnelle, avait pour ambition :
- la réduction du nombre de jeunes sortant du système scolaire sans qualification ; • la réduction du nombre de jeunes sortant sans diplôme de l'enseignement supérieur
- la réduction du délai d'accès à l'emploi des jeunes
- une plus grande diversité sociale dans tous les parcours.
Pour atteindre ces résultats le schéma national retenait 28 mesures et quatre axes de travail :
- qualifier tous les jeunes
- orienter activement vers l'enseignement supérieur pour l'emploi
- coordonner, évaluer, informer
- mobiliser et professionnaliser tous les acteurs
Est-ce que ce nouveau Schéma se concrétise ? Ces 28 mesures sont-elles en train de se mettre en place ? On aimerait bien le savoir… Mais voilà, Monsieur LUNEL a été remplacé, par Monsieur Bernard THOMAS, Inspecteur Général de l’Education Nationale, le 18 juillet dernier, et depuis, … Plus de nouvelles … Il y a même un forum de discussion qui mentionne que M.Bernard THOMAS aurait fait valoir ses droit à la retraite…
Alors que l’ensemble de la formation professionnelle est en refonte, que le service public de l’emploi est en refonte (Fusion ANPE/UNEDIC, refonte des DRTEFP, régionalisation de l’AFPA,…), que les Régions phosphorent sur le Service Public Régional de formation, curieusement, c’est le silence radio sur la problématique de l’orientation…
Alors, qu’en fait, dans une société qui cherche à « sécuriser les parcours professionnels », il s’agit bien d’ouvrir la perspective de l’orientation, pour l’instant construite sur le modèle scolaire, qui sous-entend une seule orientation pour la vie, à un accompagnement pour toute la vie professionnelle…Il y a vingt ans déjà, les canadiens (francophones) avaient créé cette discipline : « le conseil en carriérologie »…
15:27 Publié dans Billets d'humeur, Orientation Professionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.03.2008
La formation, une assurance contre la perte d'employabilité ?
Hier, dans les salons feutrés du Sénat, le cabinet CIRCE (1) organisait un séminaire expert sur le thème « opportunité et faisabilité juridique d'un compte épargne formation »…
En fait, très rapidement, les intervenants (2) de l’après midi, tous deux juristes éminents de la formation professionnelle, ont émis l’hypothèse de l’émergence d’un droit nouveau, le « Droit à l’employabilité ». Ce droit nouveau, établi par le législateur, serait garanti par une « protection sociale », au même titre que la retraite, la santé, la prévoyance, le chômage, …
A charge pour les partenaires sociaux, de gérer un établissement qui, sur le modèle de la sécurité sociale, d’une part gèrerait la collecte de ressources, et d’autre part redistribuerait ces ressources sous la forme de financement de formation, sorte de remède à la perte d’employabilité…
Passons sur le peu d’enthousiasme que suscite le « modèle » de gestion qu’est la « sécu »…On pourrait imaginer qu’un organisme nouveau, tirant les leçons de plus de 60 ans de gestion paritaire, gagne en performance par rapport à son modèle…
Passons aussi sur la difficulté intrinsèque que constitue la notion de perte « d’employabilité » : Perdre la santé, on arrive assez bien à l’apprécier ; perdre l’emploi, aussi ; perdre la vie, … encore plus ! Mais perdre l’employabilité, … C’est plus complexe à mesurer… Mais imaginons encore qu’on arrive à définir cette notion …
La question qui vient immédiatement derrière est « quel remède ? »
La formation ? Allons donc !
Non, messieurs les experts, la formation ne se réduit pas à une médecine ou une assurance contre la perte d’employabilité, pas plus qu’elle n’est une garantie efficace à cet égard… Ces deux notions sont distinctes, elles peuvent se croiser, mais ne sont pas de même nature…
D’autant qu’avec cette notion d’assurance, plus vous avez « d’accidents » dans votre vie professionnelle, plus vous allez payer cher votre assurance ? A moins que ce ne soit votre employeur qui paie plus cher, vous dédouanant ainsi de votre responsabilité de conducteur de votre employabilité…
Non, décidément, cette notion d’assurance ne me plait guère…
A contrario, réfléchir à la nécessité, pour conduire sa vie professionnelle, de garder tous ses points de « permis de conduire », voire d’entretenir en permanence une aptitude à la conduite de sa vie professionnelle, …
Oui, le permis de conduire sa vie professionnelle devrait être obligatoire ! Derrière ce « permis de conduire », il devrait y avoir l’attestation d’une capacité à développer de l’appétence et de la curiosité pour les apprentissages nouveaux, à conserver des traces de ses expériences professionnelles pour pouvoir les valider, le moment venu, à développer une clairvoyance sur ses apprentissages en situation de travail, ou sur la valeur ajoutée intrinsèque en termes d’apprentissage de ces situations, etc. …
Bien sûr, tout le monde ne peut pas passer l’agrégation et la notion de « formation tout au long de la vie » ne signifie pas qu’il faille ambitionner de rester tous à l’école si possible jusqu’à la retraite…
Cela signifie simplement qu’il faille maîtriser ses apprentissages tout au long de sa vie, et ça, ça s’apprend, et ça s’entretient….
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(1) Jean-Marie LUTTRINGER et Jacques BARTHELEMY
(2) Et d’ailleurs, cette notion d’employabilité est-elle véritablement la plus pertinente ? Un consultant, qui plus est expert, indépendant depuis dix ans, a-t-il une forte employabilité ?... Je n’en suis pas si sûr, et pourtant il passe sa vie à se former, par lui-même, chez ses clients, en permanence il repousse les limites de ses connaissances…
07:33 Publié dans Billets d'humeur, Formation Professionnelle, Insertion Professionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2008
Où en est la Formation Professionnelle en entreprise ?
Parution du n°14.2 de Première Information Premières Synthèses d'avril 2008 qui reprend les principaux éléments de la grande étude de la Dares sur la Formation Continue en entreprise.
"Les entreprises sont soumises à des obligations légales de financement pour former leurs salariés. Au-delà du respect de seuils imposés de dépenses, la formation continue accompagne souvent les changements technologiques, ainsi que les changements en matière de gestion des ressources humaines. Les dépenses de formation des entreprises sont sensibles à la conjoncture et l'effort de formation des plus grandes s'est réduit en moyenne de 2000 à 2005, surtout quand elles ont enregistré de mauvais résultats économiques.
La formation professionnelle continue est un thème de plus en plus présent dans les négociations ou discussions collectives. L'accord national interprofessionnel de 2003 et la loi de 2004 sur la formation professionnelle ont élargi l'espace dévolu à la négociation en matière de formation des salariés.
« Toutes choses égales par ailleurs », les salariés déclarent se sentir davantage gênés pour s'impliquer dans leur travail dans les établissements qui dépensent le moins pour la formation continue. Il existe vraisemblablement une demande latente de formation qui ne s'exprime pas ou qui n'est pas prise en compte par les entreprises."
08:55 Publié dans Formation Professionnelle, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2008
Quelle ambition pour le SPRF ?
« Les régions pressent le gouvernement et l’Europe de soutenir un Service Public Régional de Formation » peut-on lire sous la plume de Béatrice DELAMER, qui se fait écho d’une déclaration de Jean-Paul DENANOT, Président du Conseil Régional du Limousin, et Président de la Commission Formation de l’ARF.
De fait, depuis plusieurs mois déjà, plusieurs Régions (1) , planchent, , sur les modalités de création d’un « SPRF » (service public régional de la formation)…
Mais les réponses à la question « pour quoi faire ? » demeurent peu convaincantes : Dans les documents de travail (2), il est question de « donner plus de visibilité à l’action de la Région, en l’inscrivant dans la philosophie du service public », de « déboucher sur une nouvelle donne dans les relations avec les organismes de formation (…) » ainsi que de « réinterroger les principes d’action en matière de formation au regard des objectifs de service public : égalité, gratuité, lien avec les citoyens, accessibilité, qualité »…
« Tout ça pour ça ? »
Avons-nous vraiment besoin de la création d’un nouveau « machin » pour « renforcer la visibilité de la région », pour « réfléchir à la place particulière de certains opérateurs » ou encore pour « renforcer le pilotage par la région et le contrôle sur les prestataires » ?…
Non, décidément, toutes ces arguties cachent mal une finalité inavouée (parce qu’inavouable ?) à tout cela : il s’agit de gérer la question du transfert de l’AFPA aux Régions, et peut être même d’intégrer, au sein de ce SPRF, son collègue du réseau des« GRETA »…
Pourquoi pas ? Mais cette « astuce juridico-administrative » ne doit pas masquer aux décideurs régionaux les véritables enjeux des discussions en cours, notamment dans le cadre de la future – prochaine(?) réforme de la réforme de la loi sur la Formation Professionnelle.
Que veulent-ils faire de ces nouvelles responsabilités ? Car la poursuite, avec un emballage tout neuf, des activités des uns et des autres, ne résoudra pas le problème principal, souligné avec force depuis au moins le rapport PERY (Mars 1999 !!!) et qui est le suivant : Plus vous êtes diplômé, plus vous avez de chance de bénéficier d’une formation… Et si en plus vous êtes un homme, cadre, d’une grande entreprise, alors vos chances sont maximales…
Alors, messieurs les élus des Conseils Régionaux et de l’ARF, qu’attendez-vous pour réfléchir à une grande ambition pour vos SPRF ?
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(1) Dont la Région Rhône Alpes, la Région Nord Pas de Calais, la Région Limousin
(2) « Opportunité et faisabilité d’un service public régional de formation tout au long de la vie » - La Région Nord Pas de Calais – Etude de cas – p23
12:33 Publié dans Billets d'humeur, Formation Professionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2008
Réforme de la FP : document de réflexion
Le Centre d'Analyse Stratégique (ancien Commissariat Général au Plan) à présenté début mars au Comité d'Oreintation pour l'Emploi un document de réflexion soulignant les principaux enjeux du système et de sa réforme, dans le cadre du groupe de travail de refondation de la Formation Professionnelle réunissant depuis janvier 2007 organisations syndicales et patronales et des représentants des principaux autres acteurs publics.
Télécharger : le document de réflexion, la présentation powerpoint.
18:40 Publié dans Formation Professionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

