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29.04.2008

Quel avenir pour la FPC? La question de la valeur ajoutée perçue

Pour son numéro anniversaire, la revue Formation et Emploi du CEREQ tente de répondre, par un article de Claude DUBAR, à la question "Quel avenir pour la formation continue?"... Compte tenu du titre de ce blog, nous nous devions de répondre.... Ou plus exactement de contribuer à cette réflexion... Au demeurant fort étayée et constructive de M.DUBAR (lecture que nous vous recommandons vivement).

 

En effet, M.DUBAR évoque des questions centrales pour l'avenir de la formation, et notamment la question de la responsabilité individuelle et de l'appétence. Monsieur DUBAR constate notamment l'importance des finalités de la formation, en concluant "pas de formation sans résultat espéré pour celui qui se forme"...

Il nous semble à ce sujet, et ce propos n'est pas le fruit d'une étude sociologique valide, mais le simple produit de 25 années de pratique professionnelle de formateur d'adultes, le plus souvent cadres et/ou dirigeants, qu'il est trop restrictif de considérer cette notion de "résultat espéré" uniquement sur le mode financier, voire même professionnel.

En questionnant les participants en début de séminaire ,  on est toujours étonné de constater combien la question des attentes est très ouverte,  et en tout état de cause jamais limitée à la sphère professionnelle...

C'est pourquoi, à la notion de résultat espéré, nous préférons celle de valeur ajoutée attendue et/ou constatée. Il nous semble que cette dernière comporte trois dimensions : Une dimension personnelle (culturelle, éducative, ...), une dimension professionnelle (technique, sociale,...) et une dimension économique (promotion, augmentation, mobilité). Dès lors, constater que "la FPC à la française est très peu rentable en terme financier" ne permet pas d'aborder l'intégralité de la problématique de l'appétence, et donc de la reproduction des inégalités (voire leur accentuation)...

Car si l'on comprend l'appétence comme la motivation à se former, alors, on peut faire appel aux théories de la motivation, et notamment l'éclairage que nous apporte VROOM sur les sources de motivation. La question de la valence, bien sûr, (quel sens ça a pour moi?), celle de l'instrumentalité (qu'est-ce que j'y gagne?) mais aussi celle de l'expectance (Suis-je capable d'y arrriver?)... Et cette dernière variable est certainement l'une des plus déterminante dans la variabilité de l'appétence entre les individus...

Car ne l'oublions pas : la formation suppose l'effort, et n'est pas, loin s'en faut, synonyme de réussite pour tous... Là encore, la question des représentations, construites à partir des vécus scolaires, est primordiale et déterminante.

C'est la question du développement du "sentiment d'efficacité personnelle" produit par l'école chez tout un chacun.

Oui, "la faible articulation entre formation initiale et formation continue"  est à l'origine de bien des reproductions sociales. Oui,la question des "rapports aux savoirs" (et non au Savoir) est essentielle.

Dans cette perspective, les formations par apprentissage et/ou alternées ont un vrai rôle à jouer : celui de préparer les jeunes à la multiplicité des voies d'accès aux savoirs. Les CFA et centres de formation professionnelle qui forment des jeunes en alternance doivent les entraîner à  identifier, formaliser, capitaliser et valoriser les acquis en situation professionnelle. Ils en ont la possibilité puisqu'ils disposent de la matière première du vécu en entreprise.

Ainsi, conscients de l'effectivité des apprentissages informels en situation de travail, ils seront à même de percevoir des perspectives tangibles à compléter ces apprentissages par des acquis plus formels en situation de formation.

L'avenir de la formation professionnelle passe donc, selon nous, par la formation initiale, et l'entraînement des jeunes à comprendre et intégrer les multiples voies d'accès aux savoirs...

 

21.04.2008

Rapport de l'IGAS sur les OPCA

A télécharger le rapport de l'IGAS intitulé "Evaluation du service rendu par les organismes collecteurs agréés (Opca, Opacif et Faf)"

17.04.2008

Garantir la qualité de l'offre : et pourquoi pas des agences régionales...

Le 08 avril dernier,le Conseil d'Orientation pour l'Emploi (COE) incluait un axe "Garantir la qualité de l'offre et l'évaluation efficace des dispositifs de formation professionnelle"  dans son avis sur la formation professionnelle.

Le COE préconisait, dans cet avis, d'instituer une procédure de labellisation des organismes de formation "du type de celle délivrée par l'office professionnel de qualification des organismes de formation (OPQF)", tout en précisant que "les agences délivrant les labels doivent être indépendantes des prestataires de formations et des financeurs pour garantir l'objectivité de la labellisation" et "qu'il est important de veiller à ce que l'activité de labellisation n'entrave pas la concurrence entre les prestataires de formation".

Ces conditions, en apparence anodines, mais néanmoins indispensables à notre avis, ne sont pas si simples que celà à remplir...

Aujourd'hui, l'OPQF, par exemple, trouve ses ressources de fonctionnement dans les cotisations versées par les organismes certifiés. Et on a vu des financeurs, notamment Conseils Régionaux, en difficulté pour mener de front une procédure de labellisation des organismes de formation et une procédure d'achat public de formation, in fine, abandonner ou du moins mettre en sourdine leur procédure de labellisation...

C'est pourquoi, puisque le COE "considère que le pilotage efficace du système de formation professionnelle nécessite une plus grande affirmation de la dimension régionale en tant qu'échelon pertinent pour coordonner les actions de formation", pourquoi  ne pas inclure dans les missions de cette "'structure pérenne de contractualisation au niveau régional" la mission de labellisation des acteurs de la formation professionnelle du territoire?

Cette structure pérenne (CCREFP ou autre) gérerait un budget alimenté par ses membres (Etat, Région, OPCA, ...) pour financer les activités de labellisation. De cette façon, ces activités seraient indépendantes des organismes de formation d'une part, et des financeurs d'autre part...

Quant à cette labellisation , elle pourrait ainsi être le reflet des politiques élaborées au niveau régional par les différents acteurs au sein de cette structure de concertation...Ce "cahier des charges" préconisé par le COE à cette fin pourrait être ainsi déterminé au plus près des besoins des territoires...

Sans compter que, si ladite labellisation suppose un déplacement in situ d'auditeurs pour valider un certain nombre de données transmises par les organismes de formation, la question des coûts de déplacement des auditeurs n'est pas neutre non plus... 

Mais ceci n'est qu'une suggestion... A laquelle je vous invite à réagir, bien sûr!

 

 

14.04.2008

Synthèse des travaux du COE

Le COE vient de mettre en ligne sa synthèse "Travaux du COE sur la Formation Professionnelle", qui est un vaste "Etat des lieux" assez brut.

Les présentations du Groupe de travail du COE

Sur le site du COE on peut trouver en ligne les présentations des différentes réunions du groupe de travail "Formation Professionnelle" du COE :

  • Réunion du 09-01 sur la FP des demandeurs d'emploi
  • Interventions Unedic et Dares du 24-01
  • 06-02, la FP de demandeurs d'emploi : initiatives en Nord Pas de Calais (interventions de Yves Obre, Hafida Elbaz et Yves Faucompré)
  • Intervention de l'Afpa du 14-02
  • 21-02 : Michel Abervhé de l'Union Nationale des Missions Locales et Olivier Robert de Massy (CFPB)
  • 04-03 : Le régime français de FPC par Jean Louis Dayan chargé de mission au Centre d'Analyse Stratégique
  • Auditions des partenaires sociaux des 06 et 13 mars et présentation de la Sécurisation des Parcours Professionnels par Françoise Amat (CNFPTLV)
  • Les expériences étrangères (27-03)

11.04.2008

Formations régionales et réduction des inégalités

Oui, les politiques régionales de formation professionnelle ont bien un effet de réduction des inégalités...

C'est, du moins, un des enseignements que je tire de la lecture de la dernière publication de la DARES : "Tenter un diplôme au cours de sa carrière : peu d'occasions pour les salariés". (Premières Informations, Premières synthèses 2008-14.3)

Car si, comme l'indique cette note de synthèse, "les salariés diplômés de l'enseignement supérieur ont 2,4 fois plus de chances de tenter un titre ou un diplôme en cours  de vie active que les salariés non qualifiés", on y apprend aussi que "ne pas travailler un certain temps accroît les chances d'accéder à une formation certifiante".

Indéniablement, je vois là les effets des politiques régionales de formation professionnelle qui mettent l'accent sur le caractère certifiant des formations qu'elles financent. 

 Or, comme le rappellent les auteurs de cette note, "alors qu'ils apparaissent comme un outil efficace de sécurisation des trajectoires, les diplômes en France s'acquièrent essentiellement dans le cadre de la formation initiale". 

En France, à peine 1% des actifs tentent d'acquérir une certification chaque année... Ce qui fait, en supposant cette proportion constante, à peine 40% d'une population active au cours de sa vie professionnelle... Or, comme les plus diplômés seront encore une fois plus nombreux que les autres dans ces 40%, cherchez l'erreur...

Les lecteurs de Philippe CARRE y verront une nouvelle illustration de ce phénomène d'apprenance...

Il n'empèche que, sans entrer dans la logique de Dominique CHARVET, qui, en mars 2001, préconisait l'ouverture d'un droit à 20 ans d'études attribué à tout citoyen dès sa naissance (Télécharger le Rapport Charvet),  on pourrait certainement imaginer l'ouverture d'un droit d'accès à un niveau minimum de diplôme ou de certification pour tout citoyen...

Ca aurait une autre allure, comme ambition pour la nouvelle politique de formation professionnelle, que l' "assurance contre la perte d'employabilité" que nous proposait Jean Marie LUTTRINGER... (voir notre note du 27 mars dernier)

Espérons donc que les membres du groupe quadripartite qui planchent actuellement sur la réforme de la réforme de la formation professionnelle auront de bonnes lectures...

La DRTEFP deviendrait la DRTEE ?

Dans le cadre de la RGPP, François Fillon propose aux préfets de remplacer la DRTEFP par la DRTEE : Direction du Travail, de l'Emploi et de l'Entreprise. Où est passée la Formation Professionnelle ? elle reste bien sûr dans ses attributions mais disparait du titre...est-ce un signe ?

Lire l'article de Localtis. Lire la lettre du Premier Ministre aux préfets.

02.04.2008

Regions contre branches professionnelles ?

Pour le COE, "l'organisation régionale s'articule difficilement avec la logique des branches professionnelles", c'est le titre de l'article publié ce jour sur le site de Localtis.info : "La commission formation du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a présenté le 18 mars la première partie de son rapport sur la formation professionnelle, dont il dresse un état des lieux. Premier constat : la formation professionnelle mobilise des dépenses importantes mais les résultats sont insuffisants (...) "Une multitude d'acteurs" qui pose problème, souligne le rapport, "il n'y a pas un système de formation professionnelle, mais plusieurs systèmes qui poursuivent chacun leur propre stratégie". La gouvernance est en effet "partagée" entre les conseils régionaux, dont le rapport souligne l'importance accrue en la matière, les partenaires sociaux et l'Etat. "La multiplicité d'acteurs nécessite d'assurer leur coordination au niveau régional entre l'Etat et la région", précise le rapport. Une coordination, partiellement assurée par les CCREFP, les PRDF, qui doivent permettre aux conseils régionaux de coordonner l'ensemble des actions mais qui, par leur caractère non contraignant, ne permettent pas la mise en place de politiques communes, et les outils de contractualisation existants, comme les contrats de plan Etat-régions, les contrats d'objectifs territoriaux ou les conférences des financeurs."

A lire : La 1ère partie du rapport du COE 

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