26.05.2008

La guerre des chiffres a bien lieu...

"Le taux d'accès à la formation continue des salariés diplômés de l'enseignement supérieur est plus de trois fois supérieur à celui des salariés sans diplôme" (extrait du rapport des travaux du COE du 08 avril 2008).

Le taux d'accès des employés au plan de formation des entreprises de 10 salariés et plus est de 30 %, alors que celui des cadres et ingénieurs est de 25%. Pour les entreprises de moins de 10 salariés, ces données sont respectivement de 22% pour les employés et de 13% pour les ingénieurs et cadres.

Sauf à croire que les employés sont tous diplômés de l'enseignement supérieur, et que les ingénieurs et cadres ne le sont pas, on a des difficultés à rapprocher ces données...

La question des sources de données est évidemment posée... Pour ce qui concerne les travaux du COE, force est de constater que les données datent un peu : Il s'agit de l'enquête "Formation continue 2000", traîtée par la DARES.  Les données traitées, pour leur part, par le Cabinet Ambroise BOUTEILLE, sont principalement les "Etats statistiques et financiers" fournis par les OPCA et OPACIF, et en complément,  les données issues de la déclaration "24-83", qui "présente des limites"("le montant de l'effort de l'entreprise y est probablement surestimé car les montants des formations prises en charge par les OPCA n'y sont pas explicitement déduits")...

Quoi qu'il en soit, l'impression qui domine à l'issue de la lecture de ce rapport d'évaluation de l'ANI, établi par rien moins que trois cabinets, est qu'il s'inscrit en faux par rapport aux travaux du COE...A lire ce rapport, il ne faut surtout rien changer... Tous les indicateurs sont en train d'évoluer dans le bon sens...

Et pourtant, quand Jean-Claude CARLE évoquait dans son rapport "les trois P (la personne, les partenariats, la proximité) pour donner un nouvel élan à notre système de formation professionnelle", on avait bien envie de l'entendre...

D'où vient cette curiosité?

En fait, peut-être bien que derrière ces chiffres et ces réflexions, se  cachent des réalités différentes..Car, si l'on envisage la formation professionnelle comme étant "au service de la sécurisation des parcours professionnels", comment croire alors qu'une organisation par branche professionnelle soit adaptée? En revanche, la formation au plus près des besoins économiques, la formation qui vise le renforcement des compétences et  leur nécessaire adaptation aux évolutions technologiques et organisationnelles trouve bien sa logique au sein d'une branche professionnelle...

En définitive, le système à construire devrait conjuguer une approche territoriale de "sécurisation du parcours professionnel" de la personne, forcément diplômante et prenant en compte une dimension générale, interprofessionnelle, et une approche plus immédiatement opérationnelle, en lien direct avec les besoins économiques actuels et futurs du secteur profesionnel dans lequel cette personne intervient... 

 

 

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