11.06.2008
La formation doit-elle être un marché?
"La formation doit-elle être un marché?" Cette question, selon René BAGORSKI, membre CGT du groupe multipartite, sous tend toute la réflexion sur l'offre de formation...
Aujourd'hui, force est de constater que la formation est un marché, qui répond à des règles particulières : L'acheteur n'est pas forcément le bénéficiaire, et le payeur est parfois (souvent) une tierce personne ou entité... C'est donc devant un "système client" tripartite que se trouve un prestataire de formation....
Dès lors, les (supposées) vertus du marché sont elles aussi présentes? En effet, un marché, par la liberté de choix qu'il instaure, régule l'offre par la demande, et donc par la qualité perçue de la prestation fournie (la récurrence et la prescription sont les deux facteurs directement correlés à la qualité perçue d'une prestation).
Dans un système client complexe, il n'est pas certain que cette régulation ait effectivement lieu... D'une part, les qualités perçues ne sont forcément superposables entre les composantes du système (le salarié bénéficiaire de l'action, l'employeur, le financeur), mais d'autre part cette qualité perçue n'est pas mise en regard d'un prix payé (la question du rapport qualité prix)...
Si l'on suit Monsieur BAGORSKI, c'est à dire s'il existe des officines "marchandes de soupe" qui prospèrent, c'est donc que cette régulation par le marché est défaillante...Ou que le "marché" veut de la soupe...(Ce qui, de notre point de vue, n'est pas exclu...Vu des organismes de formation, la demande nécessite souvent d'être "requalifiée"...)
Quoi qu'il en soit, quelle est l'alternative à ce marché? Un "service public régional de formation", qui assure l'intégralité de l'offre? Dès lors, ou se situe la régulation? Qui nous permet de nous assurer que le service rendu "vaut" ce qu'il "coûte"?
Le système actuel, qui fait se cotoyer des organismes subventionnés et d'autres non, des organismes proches des financeurs et d'autres non, des organismes publics, consulaires, privés, ... est manifestement perfectible. Les récentes révélations sur l'utilisation des fonds de formation pour des activités qui n'ont que peu de lien avec cette dernière, sur le financement de stagiaires fantômes sur les fonds de l'alternance, jette un sérieux discrédit sur le système actuel géré par les organisations paritaires...Mais devant la malhonneteté, le système le plus contrôlé ne pourra pas grand chose...
Alors, attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain...Il nous semble que jeter le discrédit sur l'offre de formation n'est pas une bonne méthode pour défendre le système paritaire de financement de la formation... Au contraire, dans cette question de la prochaine réforme de la formation, les acteurs concernés ont tout intérêt à se serrer les coudes...Et à rechercher, ensemble, une organisation la plus performante possible qui régule ce marché...
A défaut, c'est le discours sur l'inocuité de la formation qui prendra le dessus... Et c'est tout le secteur de la formation professionnelle qui en subira les conséquences...
17:53 Publié dans Billets d'humeur, Formation Professionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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