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30.06.2008

Vers le retour d'AFPA Conseil?

La nouvelle apellation du Centre Régional d’Orientation Professionnelle (CROP) de l’Afpa Ile-de-France, est maintenant CROP AFPA Conseil... Ca ne vous rappelle rien, à vous, cette apellation "AFPA  Conseil"?

Si mes souvenirs sont exacts, (mais j'aimerais bien que l'un de mes lecteurs me rafraichisse la mémoire), AFPA conseil était le nom d'une officine distincte de l'AFPA mais qui fonctionnait avec du personnel de l'AFPA (détaché?) pour assurer des prestations de conseil en formation, GRH, GPEC facturées aux entreprises...

Et, si mes souvenirs sont exacts encore (mais il va bien falloir que quelqu'un m'aide à vérifier), l'AFPA a été crontrainte d'arreter AFPA conseil suite à une procédure en concurrence déloyale... Mais peut-être que je galéje...

Si c'était le cas, ce choix de nouvelle apellation ne manquerait pas de sel à l'heure ou le conseil de la concurrence vient justement de donner un avis sur le respect des conditions d'exercice de la libre concurrence par l'AFPA...

Cet avis, donné en réponse à une "demande d'avis présentée par la FFP (Fédération de la Formation Professonnelle)" stipule notamment que l'activité d'audit des autres organismes de formation qui sollicitent des agréements pour pouvoir délivrer les Titres du Ministère du Travail (abusivement appelés Titres AFPA) "pose, de l'avis du Conseil, un problème de concurrence"...

De fait, ça pose effectivement un problème de concurrence à l'égard des organismes de formation audités qui, ainsi, se voient contraints d'exposer toutes leurs ressources et leurs pratiques professionnelles à un éventuel concurrent...

Mais il me semble, par ailleurs, que ça pose un problème de concurrence déloyale à l'égard des organismes d'audit et de conseil dont nous sommes (Maïeutika, en l'occurence)... Car il s'agit bien de prestations qui pourraient tout à fait, à l'instar de ce qui se produit pour les audits qualité diligentés par les Régions, faire l'objet d'appels d'offres lancés par les DRTEFP...

Et on revient à la question : Vous avez dit AFPA Conseil ?

 

 

Fin juin, heure des bilans...

Groupe de travail Ferracci, quoi de neuf ?

La fin des travaux est attendue pour mercredi 02 juillet, mais la dernière réunion laisse perplexe les journalistes du Centre Inffo et de Localtis : "Groupe multipartite sur la réforme de la formation : les mesures les plus audacieuses au placard ?"

 

Emploi-Formation : Rapport de Performance 2007

Le rapport de performances 2007 permet de faire le point sur l'efficacité des programmes budgétaires de l'Etat. Son annexe Travail et emploi (dont la formation professionnelle) indique notamment qu'en matière de contrôle de la formation, 1,1 % des structures susceptibles de contrôle on été effectivement contrôlées tandis que la part de la masse financière contrôlée sur la masse contrôlable est de 2,5 %. Ainsi, 813 employeurs, 433 organismes de formation, 49 collecteurs (Opca et Opacif) et 64 collectivités locales ont été contrôlés. A télécharger

24.06.2008

"L'ami de la cour" s'exprime...

Amicus Curiae... C'est ainsi que s'intitule le papier de l'Institut Montaigne... Mais de quelle cour s'agit-il? De l'entourage de notre omniprésident? A moins que ce ne soit le Tribunal de Grande Instance de Paris en charge des détournements de fonds de l'OPCAREG. Ile de France...

Trêve de plaisanteries : Le papier de l'Institut Montaigne dénonce des dysfonctionnements bien connus du système de formation , y compris des lecteurs de ce blog... 

Les propositions de l'Institut Montaigne sont également dans le droit fil de ce que nous préconisons dans ces lignes... Sauf peut-être la dernière : "Etendre la compétence de collecte des fonds de la formation professionnelle à des structures agréées Partenariat projet Formation" qui "pourraient entrer en concurrence avec les OPCA traditionnels" ...

Sauf que déjà, les OPCA souffrent d'un déficit de visibilité, et que la DGEFP a bien des difficultés à les contrôler tous... Alors, si on augmente encore le nombre d'organismes collecteurs...Il y aura peut-être concurrence accrue... mais aussi fraude accrue...

En fait, il serait assez simple de disposer d'un organisme collecteur par Région (soit 22 organismes collecteurs)...Je ne vois pas l'intérêt de la concurrence pour la collecte... Est-ce qu'il y a de la concurrence entre vos inspecteurs des impôts?

Que les organismes collecteurs se contentent de bien collecter...A moindres frais... Et qu'ils laissent les professionnels du conseil s'occuper de conseil aux entreprises... Et les euros de la formation professionnelle seront bien utilisés... 

 

23.06.2008

Vers une clarification des missions?

Allons nous vers une clarification des rôles en matière de formation professionnelle? Rien n'est moins sûr... En effet, lors d'un entretien accordé au Quotidien de la formation, Jean-Paul DENANOT réaffirme  à la fois son hostilité à la création d'un "Fonds Régional Pérenne d'origine multipartite afin de financer les actions de formation des publics les plus fragiles" , mais aussi son attachement à sortir d'une logique de marché pour ces mêmes formations...Monsieur DENANOT réaffirme son souhait d'intégration de ces actions dans le champ des "Services Sociaux d'Intérêt Général" pour qu'ils échappent aux règles du marché.

OK, pourquoi pas?

Au même titre, par exemple, que l'apprentissage, les formations dites "d'orientation et de préqualification" (re)sortiraient du champ de la concurrence...

Mais dès lors, il faudra bien abandonner l'idée d'un service public régional de formation professionnelle....

Car les Régions sont bien du côté des financeurs : Leur publication récente d'un opuscule intitulé "impact financier 2007 des politiques des Régions " est là pour l'attester : 3,055MM€ pour la formation professionnelle, 1,92MM€ pour l'apprentissage, 4,57MM€ pour les lycées, ... La formation en général représente 48% des dépenses des Régions...

 Est-ce qu'on imagine la Région gestionnaire d'un CFA? 

Oui, les Régions peuvent (doivent, de mon point de vue) prendre le leadership en matière de financement des formations professionnelles (initiales et continues)... Elles peuvent (et doivent) assurer la gouvernance, au niveau régional, de ces multiples financements...Mais pour être crédible dans ce rôle, elles doivent abandonner toute volonté d'intégrer des opérateurs dans leur "giron"...

Les centres AFPA, par exemple, mais aussi les APP, doivent demeurer à l'exterieur des  Conseils Régionaux. Sinon, on risque de recréer les conditions d'une confusion des genres, et de faciliter toutes sortes de collusions...

En subvention ou en marché, les financeurs doivent uniquement financer, et les opérateurs uniquement assurer des prestations (de formation)...

Chacun dans son rôle, et les euros de la formation (presque 500€/an/habitant hors formation scolaire) seront bien utilisés... 

 

 

19.06.2008

Messieurs de la FFP, relisez Le Boterf !

Dans un encadré du Livre Blanc de la FFP (évoqué hier), on peut lire :

"La formation regroupe plusieurs activités différentes :

  • La formation continue pour les entreprises, les fonctions publiques ou les particuliers,
  • La formation et l'Insertion sociale et professionnelle des publics en difficulté,
  • L'orientation, l'accompagnement et le placement,
  • La professionnalisation,
  • Le bilan de compétences, le bilan de compétences approfondi,
  • L'apprentissage,
  • La formation initiale.

Si chacune de ces activités reste encore relativement cloisonnée, le bon sens plaide en faveur de l'élargissement du champ d'intervention des organismes de formation(...)"...

 Non, la formation n'inclut pas tout celà... Et surtout pas la professionnalisation! 

D'une part, parce que cette professionnalisation ne peut qu'être le fait de l'individu (qui se professionnalise), et d'autre part, parce qu'elle est la résultante d'un ensemble d'actions réalisées par cet individu, durant son parcours de professionnalisation.

Ces actions, peuvent inclure, de la formation, des bilans, mais aussi et surtout des activités professionnelles "professionnalisantes", sur lesquelles il pourra greffer ces formations et bilans...

La relation d'inclusion est donc inverse : la professionnalisation peut inclure de la formation...

Mais bien sûr, considérer que les  apprentissages peuvent avoir lieu en situation professionnelle, c'est faire de la concurrence déloyale aux organismes de formation...

En fait, je suggère, qu'après avoir relu Le Boterf, ces messieurs rebaptisent la FFP en "Fédération Française de Professionnalisation"...

A bon entendeur,...

18.06.2008

Le compte épargne formation : le retour d'une très vieille idée...

La FFP (Fédération de la formation professionnelle) sort son "Livre Blanc" comportant "10 propositions concrètes"...Evidemment, la FFP prêche pour sa parroisse, et il y a dans ce livre blanc quelques affirmations qui mériteraient qu'on s'y attarde..; J'y reviendrai peut-être lors d'une prochaine brève...

Mais j'aimerais revenir sur la première d'entre ces propositions : La création d'un Compte Epargne Formation. Pour la FFP, ce compte serait "attaché à chaque personne et géré par des organismes financiers indépendants types banques ou assurances"...Il serait alimenté par les fonds de formation (DIF, ...), par les entreprises en complément, et, s'ils le souhaitent, par les individus... Il pourrait même être abondé par les pouvoirs publics...

L'idée n'est pas nouvelle...(je l'avais moi-même exposée à un banquier influent il y a plus de 25 ans....)

Je proposerais même qu'elle soit reliée à l'idée des sénateurs autour de M.LEGENDRE (cf. mon article d'hier ): Que les personnes qui sortent du système scolaire sans le bac, ou que celles qui souhaitent entrer dans la vie professionnelle immédiatement après le Bac en poche puissent disposer d'un capital correspondant aux économies qu'ils font faire à la société en ne poursuivant pas leurs études (soit environ 24 k€ pour la préparation d'une licence professionnelle).

Dès lors, un peu comme il existe des contrats d'assurance vie qui sont accolés à de la retraîte par capitalisation, il pourrait y avoir des contrats d'assurance formation ...  Encore faudrait-il qu'ils soient également accolés à de la retraîte par capitalisation.

En effet, il faut laisser le choix aux personnes de ne pas recourir à la formation! (et dans ce cas de conserver ce capital accumulé pour leurs vieux jours...)

Sinon, le risque est fort de voir se développer un marché de la formation "médiocre", s'adressant à un public qui n'a que peu "d'exigence client" puique ça ne lui coûte rien...

Le système pourrait effectivement, à l'instar de ce qui existait auparavant avec l'assurance vie, bénéficier de déductibilités fiscales... Mais je doute que ce soit dans les projets du gouvernement que de créer une "niche fiscale" de plus...

Au fait, en dehors de cette perspective fiscale, qu'est-ce qui empêche de commencer tout de suite?  

 

17.06.2008

Bravo Monsieur LEGENDRE

L'état des lieux réalisé par la "Commission des affaires culturelles" du Sénat sur le Baccalauréat à l'occasion de son bicentenaire contient des pépites...

Parmi ces dernières  , une préconisation qui vise à "Instituer des garanties d'Etat reconnaissant aux élèves qui quittent le système en amont ou au niveau du baccalauréat un crédit de formation initiale ou professionnelle".

Cette préconisation se traduit par deux propositions :  

  • proposition n° 17 : "Garantir à tout bachelier qui décide d'entrer immédiatement dans la vie active un crédit personnel de formation professionnelle ou initiale de trois années d'études"
  • proposition n° 18 : "Garantir à tout élève sortant du système éducatif sans le baccalauréat un crédit de formation professionnelle ou initiale de deux à quatre années d'études (deux ans pour les titulaires d'un BEP, quatre pour les autres).

C'est à croire que Monsieur Legendre et ses collègues du groupe de travail du Sénat se sont nourris de la réflexion de ce Blog...

Quoi qu'il en soit,  bravo Monsieur LEGENDRE... On est de tout coeur avec vous! ... et à votre disposition pour échanger sur les moyens de faire aboutir un tel projet...

11.06.2008

La formation doit-elle être un marché?

"La formation doit-elle être un marché?" Cette question, selon René BAGORSKI, membre CGT du groupe multipartite, sous tend toute la réflexion sur l'offre de formation...

Aujourd'hui, force est de constater que la formation est un marché, qui répond à des règles particulières : L'acheteur n'est pas forcément le bénéficiaire, et le payeur est parfois (souvent) une tierce personne ou entité... C'est donc devant un "système client" tripartite que se trouve un prestataire de formation....

Dès lors, les  (supposées) vertus du marché sont elles aussi présentes? En effet, un marché, par la liberté de choix qu'il instaure, régule l'offre par la demande, et donc par la qualité perçue de la prestation fournie (la récurrence et la prescription sont les deux facteurs directement correlés à la qualité perçue d'une prestation). 

Dans un système client complexe, il n'est pas certain que cette régulation ait effectivement lieu... D'une part, les qualités perçues ne sont forcément superposables entre les composantes du système (le salarié bénéficiaire de l'action, l'employeur, le financeur), mais d'autre part cette qualité perçue n'est pas mise en regard d'un prix payé (la question du rapport qualité prix)...

Si l'on suit Monsieur BAGORSKI, c'est à dire s'il existe des officines "marchandes de soupe" qui prospèrent, c'est donc que cette régulation par le marché est défaillante...Ou que le "marché" veut de la soupe...(Ce qui, de notre point de vue, n'est pas exclu...Vu des organismes de formation, la demande nécessite souvent d'être "requalifiée"...)

Quoi qu'il en soit, quelle est l'alternative à ce marché? Un "service public régional de formation", qui assure l'intégralité de l'offre? Dès lors, ou se situe la régulation? Qui nous permet de nous assurer que le service rendu "vaut" ce qu'il "coûte"?

Le système actuel, qui fait se cotoyer des organismes subventionnés et d'autres non, des organismes proches des financeurs et d'autres non, des organismes publics, consulaires, privés, ... est manifestement perfectible.  Les récentes révélations sur l'utilisation des fonds de formation pour des activités qui n'ont que peu de lien avec cette dernière, sur le financement de stagiaires fantômes sur les fonds de l'alternance, jette un sérieux discrédit sur le système actuel géré par les organisations paritaires...Mais devant la malhonneteté, le système le plus contrôlé ne pourra pas grand chose...

Alors, attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain...Il nous semble que jeter le discrédit sur l'offre de formation n'est pas une bonne méthode pour défendre le système paritaire de financement de la formation... Au contraire, dans cette question de la  prochaine réforme de la formation, les acteurs concernés ont tout intérêt à se serrer les coudes...Et à rechercher, ensemble, une organisation la plus performante possible qui régule ce marché...

 A défaut, c'est le discours sur l'inocuité de la formation qui prendra le dessus... Et c'est tout le secteur de la formation professionnelle qui en subira les conséquences...

 

 

 

   

 

 

10.06.2008

les CFA "historiques" feront-ils le choix de l'excellence?

"Je constate que les formations par apprentissage connaissent aujourd'hui un réel succès, et offrent d'excellentes perspectives d'insertion professionnelle. C'est pourquoi, je suis favorable à ce qu'elles puissent se développer dans les établissements scolaires, notamment dans le cadre de l'extension du label "Lycée des Métiers"". Non, ce n'est pas un Président (de gauche) de Conseil Régional qui s'exprime...C'est Xavier DARCOS, Ministre de l'Education Nationale, dans un interview consacré au "guide de l'alternance" de recrut.com....

Plus rien ni personne ne s'oppose donc au développement de l'apprentissage au sein de l'Education Nationale, les politiques régionales en matière d'apprentissage étant en règle générale sur cette ligne également (J'en veut pour preuve le nombre d'ouvertures de sections d'apprentissage autorisées, ces dernières années, aux différents CFA de l'Education Nationale)...

Et c'est tant mieux... Espérons que, dès lors, le discours sur l'apprentissage, tenu aux élèves (des collèges notamment), par les enseignants et les parents  va s'en trouver modifié...

Oui, l'apprentissage peut être une voie d'excellence... Sous réserve qu'elle ne soit pas organisée et vécue comme une juxtaposition de temps  (de travail et "d'école") comme c'est encore trop souvent l'impression qui se dégage des entretiens avec des apprentis ou leurs représentants...

Cette généralisation progressive de l'offre de formation en apprentissage à l'ensemble des établissements de formation va créer, de fait, une émulation (pour ne pas dire concurrence) accrue entre les établissements, et notamment entre les CFA "historiques" (gérés par des CCI, des CMA, des branches professionnelles, des villes), et ces "nouveaux" CFA...

Dès lors, on peut supposer (ou à tout le moins espérer) que cette  émulation sera source d'amélioration qualitative des prestations..Je pense pour ma part, qu'à l'instar de ce qui se passe avec l'enseignement privé sous contrat, ces CFA "historiques" n'auront pas d'autre choix que l'excellence...Pour faire valoir à leurs "clients" (jeunes, familles, entreprises), une véritable valeur ajoutée différenciatrice...

L'excellence, en matière d'apprentissage, c'est 100% de placement, et 100% de réussite aux diplômes...

Qui relève le défi? 

 

 

 

06.06.2008

Pierre CAHUC au secours de l'AFPA!

C'est certainement bien malgré lui que Pierre CAHUC vole au secours de l'AFPA...
 
Car que dit-il dans son article de la Tribune daté du 05 juin? Que "pour jouer un véritable rôle de promotion sociale, la formation professionnelle doit offrir des formations longues et donc coûteuses à des publics ciblés de façon restreinte"...
 
Mais qui prétend le contraire? Qui a voulu attribuer "un véritable rôle de promotion sociale" au DIF? Personne... Le DIF doit pouvoir être mobilisé pour des actions courtes et ciblées, qui relèvent plus de l'analyse de son vécu professionnel, de l'ancrage de ce vécu à des théories et/ou approches méthodologiques , berf, de la formalisation des apprentissages effectifs au travail...
 
Les mobilités professionnelles qui impliquent des formations "longues et donc coûteuses" ne relèvent pas du DIF, c'est une évidence...
 
La question c'est : du coup, qui paie?
 
Les entreprises, on le sait, sont plus enclines à financer ces formations lourdes pour les cadres, avec la perspective d'un "return to cost" à travers la création d'un vivier de futurs cadres dirigeants...Mais le RTC pour des formations de salariés "de base" n'est pas évident, sauf dans les métiers "tendus", ou la question de la fidélisation de la main d'oeuvre est stratégique...

 
Donc, qui va payer les formations longues pour les "non-cadres" ? En France, le financement  des formations dites "de promotion sociale" a été transféré par l'Etat aux Régions dès la première Loi de Décentralisation (1984). Depuis, ce sont principalement les Régions qui financent  ce qui, autrefois, s'appelait "les cours du soir"...
 
Mais il y a un autre dispositif de formations longues qui s'adresse tout particulièrement aux populations d'ouvriers, de techniciens et d'employés de l'industrie, du bâtiment, des services... Ce sont les formations de la "commande publique" de l'AFPA ... Qui semblent bien menacées aujourd'hui : Les conseillers des Cabinets de Christine LAGARDE et de Laurent WAUQUIEZ n'ont laissé que peu d'espoir aux représentants des salariés de l'"AFPA quant au maintien au niveau actuel du financement par l'Etat de ces actions...Ils n'avaient peut-être pas lu le rapport de CAHUC et ZYLBERBERG (qui date pourtant de juillet 2006)...

Oui, un dispositif financé de formations longues qui permettent d'accompagner des mobilités professionnelles importantes est nécessaire. Les deux questions non tranchées aujourd'hui sont :  Qui paie, et est-ce que ce dispositif doit être public et/ou monopolistique?

Plusieurs Régions réfléchissent à la mise en place  de "services Publics régionaux de formation professionnelle"  qui  assureraient notamment cette mission...

Mais pourquoi diable, parce que ces formations seraient chères et financées sur des deniers publics,  devraient-elles échapper au champ de la concurrence? Et d'ailleurs, pourquoi les salariés de l'AFPA ont-ils peur de la concurrence?

Cette dernière question demeure pour moi un mystère : car, bien sûr les formations assurées par l'AFPA coûtent cher...Mais les formations longues, généralement assurées par les organismes privés, à destination des cadres coûtent aussi souvent fort cher...

Si demain, sur des marchés de formation dites "de promotion sociale", des opérateurs privés sont en concurrence avec l'AFPA sur des formations, par exemple, de conducteurs d'engins, seront-ils forcément moins chers que l'AFPA? Si c'est le cas, alors il y a nécessité de se poser la question de la performance actuelle de l'AFPA...

Dans le cas contraire, qu'est-ce qui empêche les salariés de l'AFPA de dire : chiche ! On joue le jeu...S'ils sont bons, comme c'est probable (l'AFPA dispose d'une expertise interne à la fois sur les métiers et sur l'ingénierie pédagogique reconnue),  qu'ont-ils à craindre de la concurrence, si ce n'est de renforcer encore leur performance?

Au risque de passer pour un affreux libéral, je ne vois pas ou est le problème...Mais peut-être que des salariés, cadres, formateurs de l'AFPA liront ces lignes et souhaiteront réagir...

Quoi qu'il en soit, la "patate chaude" des formations professionnelles longues et coûteuses, notamment financées dans le cadre de la commande publique de l'AFPA, va progressivement quitter les mains de l'Etat pour rejoindre celles des Régions! Ce n'est d'ailleurs pas la première décentralisation de ce genre...Le Régions vont-elles profiter de cette opportunité pour affirmer leur politique régionale en la matière?

Là est tout l'enjeux de la partie qui se joue aujourd'hui...

Gageons qu'elles prendront la mesure de la valeur ajoutée socio-économique potentielle, pour un territoire, d'une offre de formation de ce genre...

 

 
 

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