24.09.2008

Le DIF à moitié plein, ou à moitié vide?

Le bulletin Bref d'aout 2008 du CEREQ est un peu passé inaperçu, lascivement installés que nous étions sous les transats...

Et pourtant, il ne manque pas d'intérêt, jugez plutôt : Il est titré "Le DIF, un outil pour réduire les inégalités d'accès à la formation continue"...Bon sang, mais c'est bien sûr...

La réalité, dans le détail est un peu moins rose .

Tout d'abord, un rappel : Le DIF a été créé, pour tenter de remédier à l'inégalité d'accès à la formation professionnelle . Ainsi, en 2003, un cadre d'une grande entreprise avait plus de 7 fois plus de chance de partir en formation qu'un ouvrier d'une PME...Rappelons, au passage, que ce cadre avait, certainement, de plus, bénéficié d'une formation initiale supérieure longue ..

Après deux ans de DIF, le CEREQ note que :

  • Le taux d'accès des salariés au DIF est 4 fois plus important dans les entreprises de plus de 500 salariés que dans les PME de 10 à 19 (1% contre 4%)
  • Dans les petites entreprises, les ouvriers accèdent 4 fois moins souvent au DIF que les cadres...

Alors, bien sûr, "les écarts de taux d'accès à la formation entre catégories socioprofessionnelles ont tendance à se réduire dans les entreprises qui font usage du DIF". C'est vrai, les entreprises qui font usage du DIF ont tendance à être moins inégalitaires dans leur approche de la formation...

Mais est-ce vraiment étonnant? Le taux de recours au DIF n'est-il pas un indicateur symptomatique d'un type de management des compétences? Comme l'écrit le CEREQ "L'essor de l'usage du DIF est lié au développement de politiques d'entreprises"...

Et il y a encore du chemin à parcourir....Et la pente est DOUCE ! Comme l'écrit le CEREQ, "de plus en plus d'entreprises ont recours au DIF et (...) le nombre de salariés utilisant leur DIF progresse : 1% en 2004, 2% en 2005, 3% en 2006"...100% en...2103?

D'ailleurs, que les employeurs (et les OPCA) se rassurent : "les droits ouverts progressent beaucoup plus rapidement que les droits consommés"...

C'est certainement un indice d'appétence!

 

30.06.2008

Fin juin, heure des bilans...

Groupe de travail Ferracci, quoi de neuf ?

La fin des travaux est attendue pour mercredi 02 juillet, mais la dernière réunion laisse perplexe les journalistes du Centre Inffo et de Localtis : "Groupe multipartite sur la réforme de la formation : les mesures les plus audacieuses au placard ?"

 

Emploi-Formation : Rapport de Performance 2007

Le rapport de performances 2007 permet de faire le point sur l'efficacité des programmes budgétaires de l'Etat. Son annexe Travail et emploi (dont la formation professionnelle) indique notamment qu'en matière de contrôle de la formation, 1,1 % des structures susceptibles de contrôle on été effectivement contrôlées tandis que la part de la masse financière contrôlée sur la masse contrôlable est de 2,5 %. Ainsi, 813 employeurs, 433 organismes de formation, 49 collecteurs (Opca et Opacif) et 64 collectivités locales ont été contrôlés. A télécharger

21.05.2008

Bilan de l'ANI

Le bilan de l'accord sur la formation professionnelle de décembre 2003 a été présenté le 05 mai par les partenaires sociaux. L'évaluation en 3 volets est à télécharger ici

29.04.2008

Quel avenir pour la FPC? La question de la valeur ajoutée perçue

Pour son numéro anniversaire, la revue Formation et Emploi du CEREQ tente de répondre, par un article de Claude DUBAR, à la question "Quel avenir pour la formation continue?"... Compte tenu du titre de ce blog, nous nous devions de répondre.... Ou plus exactement de contribuer à cette réflexion... Au demeurant fort étayée et constructive de M.DUBAR (lecture que nous vous recommandons vivement).

 

En effet, M.DUBAR évoque des questions centrales pour l'avenir de la formation, et notamment la question de la responsabilité individuelle et de l'appétence. Monsieur DUBAR constate notamment l'importance des finalités de la formation, en concluant "pas de formation sans résultat espéré pour celui qui se forme"...

Il nous semble à ce sujet, et ce propos n'est pas le fruit d'une étude sociologique valide, mais le simple produit de 25 années de pratique professionnelle de formateur d'adultes, le plus souvent cadres et/ou dirigeants, qu'il est trop restrictif de considérer cette notion de "résultat espéré" uniquement sur le mode financier, voire même professionnel.

En questionnant les participants en début de séminaire ,  on est toujours étonné de constater combien la question des attentes est très ouverte,  et en tout état de cause jamais limitée à la sphère professionnelle...

C'est pourquoi, à la notion de résultat espéré, nous préférons celle de valeur ajoutée attendue et/ou constatée. Il nous semble que cette dernière comporte trois dimensions : Une dimension personnelle (culturelle, éducative, ...), une dimension professionnelle (technique, sociale,...) et une dimension économique (promotion, augmentation, mobilité). Dès lors, constater que "la FPC à la française est très peu rentable en terme financier" ne permet pas d'aborder l'intégralité de la problématique de l'appétence, et donc de la reproduction des inégalités (voire leur accentuation)...

Car si l'on comprend l'appétence comme la motivation à se former, alors, on peut faire appel aux théories de la motivation, et notamment l'éclairage que nous apporte VROOM sur les sources de motivation. La question de la valence, bien sûr, (quel sens ça a pour moi?), celle de l'instrumentalité (qu'est-ce que j'y gagne?) mais aussi celle de l'expectance (Suis-je capable d'y arrriver?)... Et cette dernière variable est certainement l'une des plus déterminante dans la variabilité de l'appétence entre les individus...

Car ne l'oublions pas : la formation suppose l'effort, et n'est pas, loin s'en faut, synonyme de réussite pour tous... Là encore, la question des représentations, construites à partir des vécus scolaires, est primordiale et déterminante.

C'est la question du développement du "sentiment d'efficacité personnelle" produit par l'école chez tout un chacun.

Oui, "la faible articulation entre formation initiale et formation continue"  est à l'origine de bien des reproductions sociales. Oui,la question des "rapports aux savoirs" (et non au Savoir) est essentielle.

Dans cette perspective, les formations par apprentissage et/ou alternées ont un vrai rôle à jouer : celui de préparer les jeunes à la multiplicité des voies d'accès aux savoirs. Les CFA et centres de formation professionnelle qui forment des jeunes en alternance doivent les entraîner à  identifier, formaliser, capitaliser et valoriser les acquis en situation professionnelle. Ils en ont la possibilité puisqu'ils disposent de la matière première du vécu en entreprise.

Ainsi, conscients de l'effectivité des apprentissages informels en situation de travail, ils seront à même de percevoir des perspectives tangibles à compléter ces apprentissages par des acquis plus formels en situation de formation.

L'avenir de la formation professionnelle passe donc, selon nous, par la formation initiale, et l'entraînement des jeunes à comprendre et intégrer les multiples voies d'accès aux savoirs...

 

14.04.2008

Synthèse des travaux du COE

Le COE vient de mettre en ligne sa synthèse "Travaux du COE sur la Formation Professionnelle", qui est un vaste "Etat des lieux" assez brut.

Les présentations du Groupe de travail du COE

Sur le site du COE on peut trouver en ligne les présentations des différentes réunions du groupe de travail "Formation Professionnelle" du COE :

  • Réunion du 09-01 sur la FP des demandeurs d'emploi
  • Interventions Unedic et Dares du 24-01
  • 06-02, la FP de demandeurs d'emploi : initiatives en Nord Pas de Calais (interventions de Yves Obre, Hafida Elbaz et Yves Faucompré)
  • Intervention de l'Afpa du 14-02
  • 21-02 : Michel Abervhé de l'Union Nationale des Missions Locales et Olivier Robert de Massy (CFPB)
  • 04-03 : Le régime français de FPC par Jean Louis Dayan chargé de mission au Centre d'Analyse Stratégique
  • Auditions des partenaires sociaux des 06 et 13 mars et présentation de la Sécurisation des Parcours Professionnels par Françoise Amat (CNFPTLV)
  • Les expériences étrangères (27-03)

11.04.2008

La DRTEFP deviendrait la DRTEE ?

Dans le cadre de la RGPP, François Fillon propose aux préfets de remplacer la DRTEFP par la DRTEE : Direction du Travail, de l'Emploi et de l'Entreprise. Où est passée la Formation Professionnelle ? elle reste bien sûr dans ses attributions mais disparait du titre...est-ce un signe ?

Lire l'article de Localtis. Lire la lettre du Premier Ministre aux préfets.

02.04.2008

Regions contre branches professionnelles ?

Pour le COE, "l'organisation régionale s'articule difficilement avec la logique des branches professionnelles", c'est le titre de l'article publié ce jour sur le site de Localtis.info : "La commission formation du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a présenté le 18 mars la première partie de son rapport sur la formation professionnelle, dont il dresse un état des lieux. Premier constat : la formation professionnelle mobilise des dépenses importantes mais les résultats sont insuffisants (...) "Une multitude d'acteurs" qui pose problème, souligne le rapport, "il n'y a pas un système de formation professionnelle, mais plusieurs systèmes qui poursuivent chacun leur propre stratégie". La gouvernance est en effet "partagée" entre les conseils régionaux, dont le rapport souligne l'importance accrue en la matière, les partenaires sociaux et l'Etat. "La multiplicité d'acteurs nécessite d'assurer leur coordination au niveau régional entre l'Etat et la région", précise le rapport. Une coordination, partiellement assurée par les CCREFP, les PRDF, qui doivent permettre aux conseils régionaux de coordonner l'ensemble des actions mais qui, par leur caractère non contraignant, ne permettent pas la mise en place de politiques communes, et les outils de contractualisation existants, comme les contrats de plan Etat-régions, les contrats d'objectifs territoriaux ou les conférences des financeurs."

A lire : La 1ère partie du rapport du COE 

25.03.2008

Où en est la Formation Professionnelle en entreprise ?

Parution du n°14.2 de Première Information Premières Synthèses d'avril 2008 qui reprend les principaux éléments de la grande étude de la Dares sur la Formation Continue en entreprise.

"Les entreprises sont soumises à des obligations légales de financement pour former leurs salariés. Au-delà du respect de seuils imposés de dépenses, la formation continue accompagne souvent les changements technologiques, ainsi que les changements en matière de gestion des ressources humaines. Les dépenses de formation des entreprises sont sensibles à la conjoncture et l'effort de formation des plus grandes s'est réduit en moyenne de 2000 à 2005, surtout quand elles ont enregistré de mauvais résultats économiques.

La formation professionnelle continue est un thème de plus en plus présent dans les négociations ou discussions collectives. L'accord national interprofessionnel de 2003 et la loi de 2004 sur la formation professionnelle ont élargi l'espace dévolu à la négociation en matière de formation des salariés.

« Toutes choses égales par ailleurs », les salariés déclarent se sentir davantage gênés pour s'impliquer dans leur travail dans les établissements qui dépensent le moins pour la formation continue. Il existe vraisemblablement une demande latente de formation qui ne s'exprime pas ou qui n'est pas prise en compte par les entreprises."

 

25.02.2008

Les craintes des régions

A lire sur Localtis.info (site de la Caisse des Dépôts et des Consignations) :  "Les régions craignent d'être dépossédées de la compétence formation professionnelle" du 22/02/08.

Toutes les notes